La Foi transforme notre regard

"Comme il y a chez l'homme la tête qui dirige tous ses actes, ainsi, à la tête de toutes les vertus, il y a la foi qui contrôle tout le reste.

Mais comme la tête privée du sens de la vue ne peut faire échapper l'homme aux ténèbres et à la confusion, ainsi l'âme sans la foi ne peut rien et s'expose à toutes sortes de dangers.

Si la tête privée de la vue veut diriger l'homme, elle pourrait bien le conduire où il ne voudrait pas aller ... Comme la vue sert à guider l'homme dans chacun de ses actes, la foi est une lumière qui illumine l'âme ...."

(Tome 1. Extrait)

 

Présentation AUDIO du texte ci-dessous : (Je ne suis ni théologienne, ni experte, c'est un message tout simple, une réflexion qui ne vise rien d'autre qu'un partage)

La foi, lumière qui transforme le regard

Depuis 3 semaines, je vis des évènements difficiles : une sciatique très sévère, puis une crise d'hypertension très violente aussi, sans compter nombre de peines plus ou moins grandes. Savez-vous ce qui me tient debout ? : La foi.

Avoir la foi, c’est voir autrement. 

Je me souviens des jours gris où tout semblait sans couleur, même sans espoir, et pourtant, la lumière de la foi avait réussi à m’apaiser. Comme souvent.J’arrive « en vrac » dans la prière, puis, après quelques minutes d’oraison, quelques larmes parfois, la paix revient.

Je le sais d'expérience, la foi permet de voir au-delà : Les visages des hommes s’éclairent d’une profondeur invisible, les arbres et les rivières deviennent témoins d’une présence qui dépasse nos sens. Même l’actualité, avec ses blessures et ses cris, se laisse entrevoir comme un lieu où la grâce peut passer.

Comme le dit Christian Bobin : « Il y a dans le monde plus de beauté que de laideur, pour qui sait regarder. ».

La foi change notre regard :

Elle ne supprime pas les ombres, mais elle y fait briller la lumière.

Oui, notre regard est changé : Sur le monde, sur les hommes, sur la nature. Les douleurs ne disparaissent pas, mais elles sont vues d’une autre manière. Les joies aussi.  Les événements prennent un sens plus profond, même le banal devient sacré.

Je trouve que cette foi a quelque chose à voir avec le regard du poète : "l’essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le Cœur" (Petit Prince de St Exupéry).

Cette vertu théologale transforme notre vue : nous ne voyons plus seulement les choses telles qu’elles apparaissent, mais telles qu’elles sont en Dieu. Au-delà des apparences.

Entre celui qui a la foi et celui qui ne l’a pas, il y a un mur invisible. J’ai souvent ressenti cette distance dans mes échanges, et pourtant, j’ai découvert que le cœur peut franchir ce mur, lentement, par la patience et la prière.

Ce n’est pas un mur de séparation, mais un mur de perception.  Nous utilisons les mêmes mots mais nous ne parlons pas des mêmes réalités.

 

Par exemple :

Le mot « foi » pour moi est la lumière de Dieu qui habite mon cœur ; pour un autre, ce sera la confiance en l’homme, en l’énergie ou en une force intérieure.

Le mot « amour » pour moi est éternel, divin, « capable de tout » comme le dit 1 Corinthiens 13, pour l’autre il peut rester humain, limité, fragile.

Le mot « prière » est pour moi un souffle de l’âme, une communion intime avec Dieu ; pour d’autres, un simple moment d’introspection ou de méditation, de récitations.

Ce mur n’empêche ni l’amitié ni l’amour humain, il nous rappelle seulement que nos regards sur la vie, sur le monde, sur l’homme, sur les relations etc. sont différents.

La foi transforme aussi notre rapport à nous-mêmes. Elle nous apprend le dépouillement : non pas seulement la pauvreté extérieure, mais le silence de l’âme, le renoncement à l’égo, le don total de soi. « Si le grain de blé ne meurt, il ne porte pas de fruit » dit le Christ.

La mort à soi est incompréhensible sans le regard de la foi. Là où l’autre voit un dénigrement de la personnalité, celui qui a la foi y voit au contraire le moyen de mieux aimer, d’être debout dans une connaissance de soi libérée de l’esprit d’indépendance. Une porte ouverte vers la confiance, dans la remise de sa vie à Dieu. Dans l’abandon à sa Bonté de Père.

Nous gagnons en légèreté intérieure. Nous laissons tomber les chaînes de l’égo pour trouver la liberté de l’âme. Saint Paul l’écrivait : « Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

La foi nous rend disponibles à chaque instant, à chaque personne, à chaque souffle. Chaque geste devient prière, chaque regard devient offrande.

Ainsi, la foi change notre manière de voir, mais aussi de vivre.

Elle nous apprend à marcher dans le monde avec des yeux qui voient Dieu derrière les choses, derrière les visages, derrière les événements. Elle éclaire notre cœur.

Si le mur invisible existe, il n’empêche pas la rencontre, l’amitié, l’amour : il rappelle seulement que nos regards ne sont jamais tout à fait les mêmes.

La foi est un autre regard.

Elle colore nos souvenirs, nos attentes, nos silences. Elle fait que le monde entier devient lieu de rencontre, d’émerveillement et d’amour. Et même si le mur invisible demeure, il n’empêche pas ni la fraternité ni le dialogue.

Parfois, aussi, dans notre monde actuel, cette foi peut me projeter dans une plus grande solitude. C’est peut-être une des conséquences de cette vertu. Elle divise, elle sépare, elle opère des purifications, elle trie le bon grain de l’ivraie… Il m’arrive de ressentir un isolement profond, un silence autour de ma foi, mais paradoxalement, c’est dans ce vide que je sens le plus intensément la présence de Dieu.

J’ai décidé, dans ce monde compliqué, de ne pas censurer ma foi catholique. Elle est au cœur de ma vie et de mon écriture. C’est avec joie et émerveillement que je mets cette lumière au centre de ma vie d’auteure, espérant toucher ne serait-ce qu’un cœur, comme elle a touché le mien.

Mon second roman, La Demeure de l’Ange, en est la preuve : un témoignage d’espérance et de lumière dans une société qui souvent oublie de regarder avec le cœur.

La foi n’est pas un privilège :

elle est une lumière offerte à tous,

même à ceux qui croient ne plus voir, ou ne plus croire.

Pour me découvrir : 

 

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