La Lanterne aux trois flammes

ORIANE

 

Chaque soir, Oriane va vers un lac, elle pose sa lanterne sur une souche, elle contemple les étoiles, elle écoute les vitraux d’une chapelle chanter non loin de là. Ce geste précis, toujours le même, est sa liturgie. Ce n’est pas de la superstition. C’est un lien. Un acte de fidélité. Un acte de mémoire. Ce n’est pas une enfant qui cherche un spectacle. C’est une enfant qui cherche la vérité. Son corps sait que la lumière est un langage. Son regard, lui, comprend ce que les yeux ordinaires ne veulent plus voir.

 

Sa lanterne a une particularité : elle est composée de trois flammes qui sont la Foi, l’Espérance et l’Amour.

Un jour, la lanterne s’éteint. Alors, sans se décourager, Oriane part à leur reconquête.Il faut à tout prix les retrouver. Elle se met en route, elle avance vraiment. Elle n’est pas là pour contempler seulement : elle traverse des portes, des ponts, des épreuves intérieures.

 

Elle se demande si Dieu sait quand elle ne brille plus. C’est sa question de départ. Et sa route va être une succession de passages à travers les ténèbres du doute, les tunnels de l’âme, les marées à franchir, les mauvaises voix à chasser. Elle n’arrêtera pas. Son défi est de continuer malgré l’épuisement des autres, malgré la tentation de renoncer comme Loévan, Isilda, Séraphine… qui eux, parfois, veulent se replier et dire “non” à l’amour.

 

Oriane ne s’arrête pas. Elle est sur la voie du cœur ouvert. Elle doit traverser les zones de peur, et retrouver l’une après l’autre les flammes de sa lanterne. C’est une marche initiatique. C’est une quête. Ce n’est pas un personnage contemplatif : c’est une pèlerine intérieure.

 

Et quand enfin elle retrouve ses trois flammes, elle sait qu’elle n’a pas vécu tout cela pour elle seule. Elle ouvre la voie aux autres. Elle rassemble. Elle ne se contente pas d’espérer. Elle agit. Elle amène avec elle Soléan, Azalée. Elle invite à son tour à vivre de foi, d’espérance et d’amour.

 

À la fin, elle dit la phrase qui résume sa mission : « Alors, c’était ça, j’ai cherché Dieu dans les hauteurs, je l’ai trouvé dans mon jardin ».

 

Sa traversée est un chemin de vérité : Dieu n’était pas ailleurs, mais au cœur du réel.

 

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