Ces premières paroles de Marie me bouleversent toujours : « Si tu savais à quel point je t'aime… » Chaque fois que je les relis, elles font écho à cette phrase qu'elle a adressée au monde à Medjugorje : « Si vous saviez combien je vous aime, vous pleureriez de joie. » Je crois qu'elle a confié la même vérité à Luisa Piccarreta. Au fond, Marie ne cesse de nous redire la même chose : nous sommes infiniment aimés. Je réalise combien je passe facilement à côté de cette certitude. Pourtant, lorsque je laisse ces paroles descendre dans mon cœur, elles apaisent mes peurs, elles consolent mes blessures et elles rallument en moi une confiance nouvelle. Je découvre que l'amour de Marie est une véritable source de vie, de joie et de consolation.

Plus j'y crois, plus mon cœur se repose.

 

Puis je m'arrête sur cette autre parole : « Mon cœur maternel t'aime d'un amour inimaginable. » C'est ce mot, inimaginable, qui me touche profondément. J'ai connu, comme chacun, l'amour humain, et j'ai vu combien l'amour d'une mère peut être grand. Mais je comprends que le plus bel amour maternel vécu sur cette terre n'est encore qu'une faible lueur devant celui que Dieu a déposé dans le Cœur de Marie. Parce qu'elle est pleine de grâce, totalement unie à la Divine Volonté, sa capacité d'aimer dépasse tout ce que je peux imaginer. Son amour n'est jamais fatigué, jamais partagé, jamais diminué. Il rejoint chacun de ses enfants avec une tendresse infiniment personnelle. Cette pensée me remplit d'espérance : je suis aimé d'un amour que mon intelligence ne pourra jamais mesurer.

 

Lorsque Marie me dit ensuite : « Tu pourras m'imiter et me donner l'honneur de devenir ma princesse », (Ou mon petit prince !) quelque chose de très simple s'éveille en moi. Je retrouve l'enfant que j'ai été. Quelle petite fille n'a jamais aimé être appelée « ma petite princesse » par sa maman ou par son papa ? Marie vient réveiller cette confiance enfantine. Je comprends que, comme tous les enfants, je suis appelé à apprendre par imitation. Mais comment imiter Marie, qui semble si éloignée de nous dans le temps ? Peu à peu, je découvre que les Évangiles me permettent d'entrer dans sa vie. Et la Divine Volonté m'invite à aller encore plus loin : entrer dans les scènes de l'Évangile, regarder avec son regard, aimer avec son cœur, accueillir les événements avec ses sentiments. Je retrouve ici le magnifique enseignement de saint Louis-Marie Grignion de Montfort : le secret pour imiter Marie est de vivre EN Marie. Plus je demeure en elle, plus je découvre qu'elle façonne doucement mon cœur à l'image du sien.

 

Enfin, lorsque Marie confie que son cœur languit de rassembler autour d'elle « la noble compagnie de beaucoup de petites princesses », (ou mon petit prince), une réponse monte spontanément en moi : oui, je veux en être. Je veux faire partie de cette cohorte de petites princesses qui se laissent conduire par leur Mère, qui apprennent à écouter sa voix, à marcher à son rythme et à accueillir son éducation maternelle. Je mesure que ce n'est pas un titre d'honneur, mais un chemin d'humilité, de simplicité et d'abandon. Plus je découvre l'immensité de son amour, plus grandit en moi le désir de lui ressembler. Si Marie m'aime d'un amour dont je ne pourrai jamais mesurer la grandeur, alors je peux avancer sans crainte, en me laissant simplement conduire par celle qui est vraiment ma Mère.

 

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