Droits d'auteure protégés - Preuve de dépôt
Oblative
"Je vous aime à m'en perdre de vue"
Il y a moi
Il y a toi.
Mon âme choisit son axe.
Le Pélican ouvre sa chair pour nourrir son petit. Une mère se lève toutes les heures pour soigner son enfant. Le soleil ne choisit pas les vitres qu’il traverse. Le gamin regarde le ciel et montre les étoiles à l’adulte blasé. Le tournesol suit l’astre tout au long du jour.
Il y a moi.
Il y a toi.
Toute vie choisit sa source.
Les plantes se tournent vers la lumière de nos fenêtres. Les rayons irradient leur chaleur depuis le centre du grand luminaire. Les arbres des forêts montent si haut en quête de la clarté du jour. La flamme de la bougie tremble sur la cire fondue. Le saumon remonte le courant jusqu’à s’épuiser, il donnera la vie là où il laissera la sienne.
Il y a toi.
Il y a moi.
Ton souffle finit par traverser ma poitrine.
L’abeille travaille toute la journée mais elle ira jusqu’à piquer, puis mourir, pour protéger sa colonie. Les oiseaux migrateurs volent en formation pour réduire l’effort des autres. La louve nourrit ses bébés en se privant de manger. Le lierre ne croît que par ses attaches au mur de pierre.
Il y a moi et toi.
De toi à moi, nous conjuguons le nous.
Le nuage se défait de la pluie pour que la terre vive. La perle naît d’une blessure et l’huître le sait bien. Si le grain de blé ne meurt, jamais nous n’aurons la moisson. Même les feuilles mortes continuent de donner.
Il est des rivières qui jamais ne cessent de couler. Et autant de lumière dans le regard de l’amour. Et autant de sourire vers le visage aimé. Et autant de cadeaux qu’on ne reprend jamais.
Soudain
Il n’y a plus
ni toi
ni moi.
L’amour ne tient pas les comptes.
Il ne mesure pas ce qu’il perd.
Nous sommes bien au-delà de nous.
L’amour oblatif c’est ainsi qu’on l’appelle.
C’est cet amour-là qui s’oublie jusqu’à donner sa vie...
...Et que le monde oublie.
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