Droits d'auteure protégés - Preuve de dépôt .
Une jolie musique très joyeuse pour illustrer cette fable récréative...
« Le vrai voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages,
mais à avoir de nouveaux yeux. »
Marcel Proust
Le chat et le moineau
Un chat épris de liberté s’en alla par la fenêtre par un beau jour de printemps
Tout fier et point peureux il marchait avec l’arrogance des humains curieux
Ses moustaches frémissaient dressées comme des antennes dans le vent
« Rien, se disait-il, rien ne saurait m’effrayer même mon maître furieux ! »
Il avait des excuses, toujours confiné entre le fauteuil et le lit chaque jour
Souvent il regardait par la vitre les oiseaux voler tout en haut dans les cieux
Il se mettait à rêver qu’il aimerait les mêmes ailes pour s’en aller à son tour
Ce n’est pas qu’il était malheureux, il voulait juste explorer d’autres lieux
Alors voilà, dès que l’occasion se présenta, un moineau sur le bord l’invita
D’un bond d’un seul il courut dehors avec la hâte des enfants aventureux
Il avait longtemps imaginé ce monde des hommes rempli de tristes fracas
C’était son hypothèse puisque son maître le gardait loin d’autres vœux
Dès qu’il fut dans les rues de la ville, il aima la vitesse des voitures pressées
Il adora ensuite les fleurs écloses du jardin municipal avec ses flaques d’eau
Il s’émerveilla de la grandeur des arbres géants où jouaient les moineaux
Il regarda étonné les bancs où se groupaient des vieux bien habillés
Ses moustaches vibraient avant lui devant les maisons pleines de rires
Elles recueillaient bien mieux que nous l’arrivée de la nuit étoilée
Le chat ne comprit pas pourquoi son homme l’avait ainsi privé
Tout lui semblait si beau, si grand, il s’extasiait à n’en plus finir
Le petit moineau lui répondit que, vraiment, il n’était pas peu fier
« N’as-tu pas compris ? Bien des humains préfèrent savourer leur tristesse
Tandis que pour nous, avec nos ailes, nous aimons tant virevolter dans l’air
Rejoindre le ciel, glisser sur les branches et tisser nos nids d’allégresse »
Le chat fut mécontent. « Je n’ai pas d’ailes mais viens près de moi pour chanter ! »
De sa langue il léchait déjà ses babines et goûtait à l’avance son précieux repas
L’oiseau pas bête sifflota qu’il n’était pas si sot et qu’il préférait la vie au trépas
Le moustachu pris de remords s’excusa et demanda à être l’ami du petit ailé
Celui-ci fut d’accord : « Désormais avec mon aide tu sortiras ton maître plus souvent.
Il te faut l’attirer dehors, je t’aiderai par mes envols devant toi qui me suivras »
— « C’est un bon plan, eux qui nous croient ennemis n’ont pas idée de nos talents »
Ainsi fut signé le contrat pour sortir de la mélancolie un humain et son chat.
Morale : Le monde est bien plus grand dans les yeux d’un félin curieux.
Mais aussi bien plus beau avec les plumes d’un moineau joyeux.
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