Une Nouvelle Année
Cette année qui s’ouvre vient après une autre, lourde de pertes, de deuils, de douleurs, d’épreuves traversées parfois à tâtons. Comme tant d’autres, j’ai connu la fatigue du cœur, l’usure de l’espérance. Comme chacun de nous, j’ai appris combien la vie peut être éprouvante, combien elle peut blesser. Et pourtant, en ce 1ᵉʳ janvier, je perçois un appel très clair : continuer d’aimer la vie malgré tout. Ne pas me fermer. Ne pas durcir mon regard. Accepter que la joie soit fragile, mais possible. J’ai le désir de ne pas laisser la souffrance avoir le dernier mot. Commencer l’année avec Marie, c’est accepter que la vie demeure plus forte que ce qui l’a meurtrie.
- Une Solennité qui ouvre l’année sous un regard maternel
Le 1ᵉʳ janvier, la liturgie chrétienne occidentale célèbre la Solennité de Marie, Mère de Dieu, « la Théotokos » en grec, littéralement « celle qui enfante Dieu ».
Commencer l’année en honorant ainsi la Mère de Dieu n’est pas anodin : la première heure du calendrier est bénie par celle qui a dit « oui » à Dieu. C’est tout mon défi en ce premier jour : dire « oui » à la vie, « oui » à la suite, « oui » à demain, « oui » à ce qui me sera demandé sans rien connaître à l’avance.
- Se placer à l’ombre de sa tendresse, au seuil du temps
Dans la tradition chrétienne, Marie est souvent décrite comme une demeure élevée, un refuge sûr, un manteau protecteur dans lequel le cœur se blottit. Dans les prières anciennes, elle est même appelée « plus vaste que les cieux », car en elle réside Celui qui dépasse toute grandeur.
Ainsi, commencer une année en se plaçant à son ombre maternelle signifie accueillir le temps à la manière de Dieu : non pas par nos calculs, nos ordres ou nos certitudes, mais par un abandon confiant, une écoute profonde, une offrande de soi à ce qui est plus grand que nous. Personnellement, j’offre aussi à Dieu, dans ce même esprit de confiance, tous ceux que j’aime, à chacune de mes respirations.
- Un “oui” qui rayonne de l’intérieur vers l’extérieur
Dans l’œuvre spirituelle consacrée à la vie de Marie dans la Divine Volonté, la Mère du Christ nous dit :
« Ma très chère enfant… si tu veux m’aimer comme mon enfant… je serai toujours avec toi, cachée dans ton âme pour être ton enseignante, ton modèle, ton exemple et ta Mère très tendre. »
Ce passage me touche. Marie ne se contente pas d’être contemplée, elle invite à l’imitation de sa docilité, de sa confiance, de sa disponibilité à Dieu.
- Se blottir sous son manteau d’azur : une image maternelle puissante
L’image du manteau d’azur de la Vierge, vaste, ouvert et enveloppant, est une image qui m’a toujours touché le cœur. Elle symbolise une ombre accueillante contre les brûlures du monde, les inquiétudes humaines, les froids intérieurs de nos doutes. C’est sous ce manteau que je cherche la paix, le courage, l’espérance. En ce premier jour de l’année, méditer cette image, s’y déposer comme un enfant entre les bras aimants de sa mère, c’est se placer sous la tendresse de Dieu. Faire confiance à ce qui vient.
Oui, en ce jour, je ressens un appel simple et profond : me mettre à l’ombre de Marie. Il n’y a là ni fuite ni mièvrerie, mais une manière d’entrer dans l’année en reconnaissant mes limites. Se placer sous son ombre, c’est consentir à commencer doucement, protégée, comme un enfant qui n’a pas encore appris à marcher sans tomber.
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