Note : j'avais créé un short sur un extrait du Livre du Ciel qui a été censuré sur Youtube pour violations des droits d'auteur. Pourtant, j'avais mis une musique générée par l'IA gratuitement sans droit d'auteur....Donc, j'ai dû la refaire...J'espère que cela ira maintenant...
Voilà. Je m’adapte.
Quand la Divine Volonté rencontre le monde des shorts
Depuis quelque temps, j’ai trouvé un nouvel « apostolat », pour employer un terme très chrétien. C’est-à-dire une nouvelle manière de propager, à ma toute petite mesure, les vérités de la Divine Volonté : je publie des shorts sur YouTube.
Je m’y suis mise presque par nécessité.
Les mêmes extraits du Livre du Ciel, lorsqu’ils sont proposés dans des vidéos de plus d’une minute, sont beaucoup moins regardés. On peut le déplorer, s’en étonner, regretter le temps où l’on s’asseyait peut-être davantage pour écouter, lire ou réfléchir… mais les faits sont là. La surcharge mentale de nos contemporains, cette expression dont on me parle sans cesse, m’oblige à revoir ma manière de procéder. Et je constate exactement le même phénomène avec mes propres écritures : les shorts sont vus, parfois même beaucoup regardés, tandis que les vidéos plus longues ont beaucoup plus de mal à trouver leur public.
J’ai récemment pris connaissance d’une expertise qui m’a fait réfléchir. Selon cette analyse, le public des shorts et celui des vidéos longues ne serait pas le même. La personne ajoutait même, en substance : « Ceux qui regardent vos shorts ne deviendront pas forcément des abonnés fidèles. Il y a peu de chances qu’ils aillent ensuite voir vos vidéos plus longues. ». Cet état de fait m’a beaucoup interrogée.
Dans quel monde vivons-nous ?
Le monde de la vitesse.
Le monde du « je n’ai pas le temps ».
Le monde où l’image passe avant tout.
Puis vient l’oral.
Et l’écrit, lui, arrive bien après.
On me répondra : « Tu découvres la lune, toi ! »
Non, je ne découvre pas la lune. Je sais tout cela depuis longtemps. Mais entre savoir une chose et la toucher du doigt, entre lire des statistiques et constater soi-même que l’on dispose parfois de trois secondes pour retenir l’attention de quelqu’un, il y a tout un monde. Sur Instagram, l’attention se compte parfois en trois secondes. Sur Facebook, elle peut être un peu plus longue. Je ne retiens même plus les chiffres exacts, et, à vrai dire, peu importe : ils me donnent tous la même impression.
Nous vivons dans un monde qui court. Un monde dont le rythme ne s’arrête jamais.
Alors je me pose cette question :
Comment vivre intérieurement dans un monde où tout nous pousse à ne jamais nous arrêter ?
Surtout : comment le Christ peut-il toucher une âme si celle-ci n’arrive plus à concentrer son attention plus de trois secondes ?
Voilà la question qui m’habite. Mais, au-delà de ces constats sur les réseaux sociaux et notre manière contemporaine de consommer les images et les paroles, je pense au Christ. Car, finalement, ces shorts m’obligent moi-même à méditer. Chaque matin, je lis et j’étudie avec Colombine, en ligne, les paroles du Livre du Ciel. Puis vient le moment où je dois choisir quelques lignes, quelques mots, parfois une seule idée, pour essayer de les transmettre en une minute.
Cela n’est pas si simple. Il faut lire. Relire. Comprendre. Méditer.
Il faut surtout essayer de discerner ce qui, dans quelques secondes, pourra peut-être ouvrir une petite brèche dans une âme. Ce manque d’attention apparent des autres me pousse donc à chercher comment faire passer le message de la Divine Volonté à travers leur capacité d’attention très réduite.
Mais ce travail n’est pas sans retour.
Car, en cherchant à transmettre, j’approfondis moi-même les écrits de Luisa. En cherchant quelques secondes capables de porter une parole, je demeure plus longtemps avec cette parole. Je la tourne et la retourne en moi. Je tente de comprendre ce que je n’avais peut-être pas encore vraiment vu.
Ainsi, ce qui aurait pu n’être qu’une contrainte devient une grâce. Tout est grâce.
Le Christ lui-même ne demandait-il pas à ses disciples de rejoindre les hommes là où ils étaient ? « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » (Matthieu 4, 19). Être pêcheur d’hommes aujourd’hui, est-ce aussi apprendre à jeter son filet dans les eaux nouvelles où les hommes se trouvent désormais ? Peut-être.
Alors voilà : je télécharge dans mon coeur le Livre du Ciel. Je le lis. Je le médite. J’essaie d’en restituer quelque chose en shorts. Je regarde défiler les commentaires, parfois réduits à des sigles, à des cœurs, à des mains jointes, à des émojis envoyés en rafales.
Et je m’adapte.
Voilà.
Je m’adapte.
Non pas pour suivre la mode. Non pas pour frimer, franchement, je n’en ai rien à faire. Mais parce que, si le monde change ses habitudes, il serait peut-être dommage de laisser la Parole attendre sur le bord du chemin sous prétexte que les chemins ne ressemblent plus à ceux d’hier. Je m’adapte parce que le Christ, lui, doit pouvoir rejoindre les âmes partout où elles se trouvent. Même au milieu d’un défilement d’images. Même entre deux vidéos. Même pendant cette poignée de secondes où quelqu’un, peut-être sans même savoir pourquoi, s’arrête.
Je me dis que le Christ est peut-être content d’une telle adaptation. Non pas de moi en particulier. Mais de cette volonté de chercher, encore et encore, comment laisser passer son message. Car il suffit parfois d’une phrase. D’une parole entendue au bon moment. D’une image qui retient le regard. D’une minute. Ou même de trois secondes.
Et si, parmi tous ces shorts qui défilent à toute vitesse, une seule âme s’arrêtait un instant, réfléchissait, priait, découvrait la Divine Volonté ou recevait simplement une lumière dont elle avait besoin ?
Alors cela vaudrait la peine.
Prions pour cela.
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