Si j’avais un ange, il permettrait qu’au moment où le moral baisse minute après minute, une amie fidèle, et c’est bien rare, m’appelle au téléphone. Juste pour discuter. Elle n’avait pas forcément de bonnes nouvelles, pas des mauvaises non plus. Tout ce qu’il faut pour que je me sente un peu moins isolée.
Si un gardien céleste veillait sur moi, il me donnerait à voir, alors que je commence à me décourager, qu’une personne et même deux me laisse un like sur une publication qui me tenait tellement à cœur. Et de surcroît, un commentaire.
Il faciliterait ma vie pour que j’aie à ma disposition l’aide du seul membre de ma famille avec qui j’ai une relation, pour aller accomplir mes achats indispensables et, de plus, les payer, afin que je puisse consacrer mon budget à mon écriture. Ma promotion et tous les frais de formation.
Il planifierait un moment de solitude pour que je puisse me récupérer après un échange interpersonnel d’une grande profondeur. Ce qui me permet de réguler l’intensité de mon ressenti.
Il autoriserait une séparation, il y a quinze jours à peine, avec un être qui ne partage aucune de mes valeurs essentielles, aucun de mes centres d’intérêt ni de mes désirs. Et qui, semble-t-il, ne souhaitait pas mon bien.
Il aménagerait une heureuse rencontre pour bénéficier d’un tarif un peu plus réduit afin d’obtenir le soutien nécessaire en vue de mes projets d’auteure qui ne vend rien, mais, qui aime tant partager.
Il m’aiderait à traverser la nationale où j’ai été prise d’une soudaine tendinite en plein passage piéton. Je n’ai jamais su comment j’avais réussi à me rendre sur le trottoir d’en face avec une jambe qui ne voulait plus obéir.
Il ne m’aurait pas empêché de tomber un soir d’orage, mais il aurait permis que, après deux semaines de souffrance, je pioche un papier sur lequel était écrite une parole de la Bible : « Ta blessure guérira vite. » Ce qui me rassura pour ne pas prendre un rendez-vous inutile chez un radiologue.
À la fin d’une journée, où je doutais de la volonté de Dieu sur mon projet de roman, j’obtiens une autre confirmation de Jésus à la Vénérable Luisa Picccarreta, citation recueillie par email : « N’aie pas peur. Quand une âme fait tout pour moi, j’accepte ce qu’elle fait. J’accepte même le confort et les consolations qu’elle reçoit comme s’ils étaient donnés à mon propre corps souffrant ».
Voilà l’œuvre de mon ange depuis quinze jours. Enfin, mon ange ou bien deux anges, ou bien peut-être toute une cohorte ? Je ne sais pas. Mais que penser de tous ces autres moments de ma vie où je me croyais abandonnée, alors que, sans doute, un messager, ou bien deux, ou bien une farandole veillait sur moi ?
Leur nombre et leur proximité peuvent varier, mais croire aux anges fait partie de ma foi. Je regrette à présent de les avoir si souvent mis au chômage. Ne pas avoir pensé une seule seconde que, malgré l’invisibilité de leur influence, il n’en était pas moins près de moi, de ma vie.
Et quand ils n’y étaient pas, qui dit qu’ils ne se trouvaient pas là, mais que c’est moi qui les éloignais par mes erreurs, mes fautes ou mon orgueil ?
Je me dis ce soir qu’à « moins de redevenir comme un petit enfant »… croyons aux anges, ils ne font pas trop de bruit, ils œuvrent sans sonner du cor, sans tapis rouge, parfois, et même le plus souvent, dans des très petites occasions. Sans doute.
Peut-être que ce qui me manquait, c’était ce regard d’enfant. Encore une fois, il me semble que tout retour à Dieu commence par un premier changement : celui de notre regard.
Voyons les anges derrière toutes nos moindres coïncidences, nos chers « hasards », nos « synchronicités ». Revenons aux anges.
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