Marie dit à Luisa : 

"Je vais t'enseigner le secret qui te permettra de toujours rester avec Jésus et de vivre toujours contente et heureuse; même sur cette terre. Voici comment : fixe en toi la pensée que seul Jésus et toi existez dans ce monde et personne d'autres. Retiens que Jésus est le seul à qui tu dois plaire, le seul avec qui tu dois te complaire, et le seul que tu dois aimer. De lui seul, tu dois t'attendre d'être aimée et contentée en tout. En vivant de cette manière, toi avec Jésus, tu ne te laisseras plus impressionner si tu es entourée de mépris ou de louanges, de parents ou d'étrangers, d'amis ou d'ennemis. Jésus seul sera tout ton bonheur, et Jésus seul te suffira en tout. Aussi longtemps que tout ce qui existe ici-bas ne disparaitra pas totalement de ton âme, tu ne pourras pas trouver un vrai et perpétuel bonheur". 

 

Extrait volume 4 - Le Livre du Ciel

Audios de 4 minutes en tout :  

LE SECRET DU BONHEUR

 

Il m’a fallu du temps pour comprendre que ces paroles ne sont pas un appel à l’isolement, ni au désamour des autres. Elles ne disent pas : « n’aime personne », mais elles murmurent avec douceur et fermeté : mets Dieu à la première place. Aime-le d’abord, avant tout, au-dessus de tout. Et c’est seulement à partir de cet amour premier que tu pourras aimer les autres justement, librement, sans les charger du poids de ton bonheur. Ce secret n’est pas une fuite du monde, mais une manière de l’habiter autrement, avec un cœur réordonné.

 

Le piège, si fréquent, consiste à s’attacher d’abord aux créatures : aux regards, aux opinions, aux paroles, aux attentes des autres. Nous sommes si habitués à vouloir plaire, à être reconnues, à recevoir des signes d’amour visibles et immédiats. Pourtant, lorsque l’on place là son espérance, le cœur devient fragile, dépendant, vulnérable au moindre manque. Le secret, au contraire, consiste à s’attacher d’abord à Dieu, à chercher son regard avant tous les autres, à attendre de lui seul d’être aimée, comblée, confirmée. C’est une question de juste distance, une question d’ordre intérieur.

 

Car il y a un ordre dans l’amour. Et l’amour, par nature, est exclusif. Non pas exclusif au sens d’exclure les autres, mais exclusif dans sa source. Ne s’attacher qu’à Dieu seul pour mieux aimer l’autre. Aimer l’autre par Dieu, avec son regard, son cœur, sa patience. Et non l’inverse. Quand Dieu est premier, l’autre n’est plus un absolu. Il n’est plus celui dont dépend ma joie ou ma stabilité. Ainsi, je ne deviens pas l’objet de l’autre, ni l’otage de son affection ou de son absence.

 

Dernièrement une personne proche m'a dit qu'il désirait se droguer parce que c'était "trop bien" etc...J'ai écouté. Sans juger la personne. Mais j'ai pensé : "Si son âme était attaché à Dieu Seul, il n'éprouverait plus le besoin de se droguer". Dieu à la première place aurait mis de l'odre en lui, il l'aurait tant aimé que la drogue pour créer ou s'anesthésier, tout cela n'aurait plus aucune importance ni plus aucun attrait. Ce secret du bonheur peut s'étendre à bien d'autre domaines de notre existence : non seulement dans notre amour des autres mais aussi dans notre rapport au monde, à l'actualité, à nos "hobbys", à nos décisions de chaque instant de notre vie quotidienne. Les hommes ne savent plus qu'ils sont faits pour Dieu. 

 

Pour en revenir à la relation aux autres , je reconnais combien de fois je me suis effondrée dans ma vie parce que trop peu d’amis, parce qu’une relation s’est brisée, parce qu’une personne aimée m’a trahie, abandonnée ou simplement quittée. Ces blessures demeurent réelles, et parfois profondes. Mais aujourd’hui, même si l’épreuve existe encore, je demeure plus en paix. Je n’attends plus mon bonheur des autres. Je le reçois de Dieu. Et cette source, elle, ne se tarit pas. Lorsque Dieu est à la première place, même la douleur ne devient plus un drame sans issue. Elle est traversée, habitée, portée.

 

Ce secret est exigeant, oui. Il va à contre-courant de nos réflexes humains et de nos soifs de reconnaissance. Mais c’est un secret de liberté. Un secret transmis comme un conseil de mère, avec patience et tendresse. On n’y arrive pas en un jour. Il faut du temps, des chutes, des recommencements, de la maturité. Et peu à peu, à travers les étapes de la vie, on apprend à vivre de ce secret du bonheur : Dieu d’abord. Les autres ensuite. Et les autres, aimés à partir de Dieu, dans un amour ajusté, vrai, paisible.

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.