La paix qui brille...et celle qui sauve

 

 

La paix intérieure, ce printemps par lequel Dieu agit

Dans le Livre du Ciel, le Christ emploie une image d’une douceur radicale :
la paix est un printemps qui fait fleurir le jardin de notre âme.
Un lieu protégé, vivant, silencieux, où les vertus peuvent croître sans être piétinées par l’agitation, la peur ou la dispersion.

La paix n’est pas un luxe spirituel, ni un état émotionnel fragile.
Elle est une condition intérieure, presque une loi spirituelle : sans elle, Dieu ne peut agir pleinement dans l’âme.

 

La paix comme confiance incarnée

Selon le Christ, le manque de paix n’est pas d’abord un défaut moral.
Il est le signe d’un manque de confiance.

Quand l’âme s’inquiète, se trouble, anticipe, s’agite, elle reprend les rênes.
Elle agit comme si tout dépendait d’elle.
Or, cette tension intérieure ferme l’espace où Dieu veut travailler.

L’inquiétude, l’anxiété, la peur ne sont donc pas seulement des souffrances humaines :
elles révèlent que l’âme est sortie, même légèrement, de l’abandon à la volonté divine.

 

Une paix de surface et une paix des profondeurs

J’ai rencontré, dans ma vie, bien des personnes qui semblaient vivre dans la paix.
Elles rayonnaient, leur visage était détendu, lumineux, et l’on disait volontiers d’elles :
« Tu rayonnes. »

Mais l’expérience m’a appris que cette paix était souvent une paix du corps, une paix de surface, construite par des techniques de détente, des pratiques empruntées à d’autres traditions ou à des courants en vogue.
Dès que l’on gratte un peu, c’est parfois tout autre chose qui apparaît.

La paix véritable ne peut venir que de Dieu, de sa volonté.
Elle ne se fabrique pas.
Elle ne se décrète pas.

 

La paix n’est pas l’absence d’épreuves

C’est essentiel de le dire :
la paix intérieure ne signifie pas que tout va bien, que tout est résolu, que la vie devient lisse.

La paix, dans la perspective du Christ, est une stabilité profonde, même au cœur de l’épreuve.
Elle peut cohabiter avec les soucis, les aléas, les imprévus, les douleurs.

Le visage ne reflète pas toujours cette paix des profondeurs.
Parfois le regard en laisse deviner l’éclat, parfois non.
Et ce silence du visage n’est pas nécessairement le signe d’une âme tourmentée.

 

La paix comme sourire divin et lumière

La paix est appelée sourire divin.
C’est une image bouleversante : elle dit que la paix n’est pas froide, ni rigide, ni ascétique.
Elle est douce, lumineuse, habitée.

Le psaume le dit :
« Qui regarde vers lui resplendira sans ombre ni trouble au visage. »
Mais cette apparence va et vient.
Elle n’est pas un critère absolu.

La profondeur de la paix va bien au-delà de ce que l’on montre.
Elle est cachée, enracinée, fidèle.

 

Entrer dans la volonté divine par l’amour

Dans cette spiritualité, la paix n’est pas une conséquence secondaire de la volonté divine :
elle en est le signe vivant.

Elle naît de l’amour que l’on vit en soi, avec Dieu, et de rien d’autre.
Elle naît aussi de l’oubli de soi.
« Qui regarde vers lui » : on se détourne de soi, on aime.

Et alors, la paix nous traverse, nous apaise, nous établit.
Seul l’amour met en paix.
Aucune pratique centrée sur soi ne peut y parvenir, car elle est à l’opposé de l’amour.

La paix véritable n’est pas une technique.
Elle est une relation.

 

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