L'HYPOCRISIE
Je lis ces paroles du Christ adressées à Luisa et quelque chose se bouscule en moi. Il ne parle pas d’un pécheur repenti, ni même d’un homme qui sait le mal qu’il fait. Il parle d’un homme mauvais, parfois pervers, mais qui ne triche pas. Il est ce qu’il est, sans masque. Et le Christ dit qu’il le préfère à celui qui montre le bien, qui parle de Dieu, qui agit comme un juste, alors que son cœur est loin de lui. Ce n’est pas le mal en soi qui le révolte le plus, c’est l'hypocrisie.
Je vois cet autre homme, celui qui donne le change. Il prie, il agit, il enseigne, il donne des leçons de foi. Il ordonne aux autres de pardonner, de se taire, d’être patients, d’être de bons chrétiens. Mais lui ne renonce à rien. Il garde ses passions secrètes, ses désirs violents, ses abus cachés. Il vit selon sa volonté propre tout en se couvrant de gestes religieux. Il parle de lumière, mais il marche dans l’ombre. Et le Christ dit sa répulsion devant cette vie double.
Je comprends alors que ce que Jésus refuse, ce n’est pas seulement le péché, mais l’hypocrisie qui l’accompagne. L’homme pervers, non fourbe, ne se déguise pas en juste. Il ne se présente pas comme un modèle. Il ne prend pas la place de Dieu pour juger les autres. L’hypocrite, lui, se sert du bien comme d’un masque. Il entraîne d’autres âmes dans sa confusion, il impose des règles qu’il ne vit pas, il se croit du côté de Dieu alors qu’il s’en est éloigné.
Je reçois ces paroles comme un avertissement sévère et nécessaire. Elles me rappellent que le Christ ne cherche pas des apparences, mais une vérité sans détour. Même sombre, même pauvre, même dérangeante. Ce qu’il ne supporte pas, c’est un cœur qui se cache derrière le bien pour continuer à se servir lui-même. Mieux vaut être mauvais sans masque que juste en façade. Car là où il n’y a pas de duplicité, le Christ peut encore entrer.
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