Les vertus qui peuvent être pratiquées sur la terre sont rarement exemptes de desseins humains, d'amour-propre, de gloire personnelle, d'amour des apparences ou du désir de plaire. Tous ces objectifs sont autant de goûts pour le palais ordinaire de l'âme, et l'on agit très souvent en fonction de ces goûts plutôt que pour le bien que contient la vertu. C'est pourquoi les vertus se manifestent plus facilement, car la volonté humaine en retire toujours quelque chose...

Ma volonté, au contraire, ne sait pas faire de compromis comme le font les vertus, avec les petites et les basses choses qui peuvent être faites sur la terre. Elle veut que tout et toutes choses se placent comme un escabeau sous ses pieds, et change tout l'intérieur de l'âme et les vertus elles-mêmes en divine volonté.

En un mot, ma volonté veut son propre ciel dans les profondeurs de l'âme. Autrement, elle serait entravée et ne pourrait pas exercer sa vie divine.

Il y a donc une grande différence entre les vertus et ma volonté, entre la sainteté de l'une et celle des autres. Les vertus peuvent être des créatures et peuvent former tout au plus une sainteté humaine.

Ma volonté, elle, est de Dieu et peut former une sainteté pleinement divine. Quelle différence ! Cependant, comme les créatures sont habituées à regarder vers le bas, elles sont plus impressionnées par les petites lampes des vertus que par le grand soleil de ma volonté.

(Extrait Tome 19 : Le livre du Ciel)

 

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Mon commentaire : 

 

Ce qui me touche profondément dans cet extrait de Louisa Piccarreta, c'est le repos qu'il procure. Il nous détourne de cette obsession de « faire » pour nous conduire vers une autre attitude : celle de l'abandon.

J'y retrouve l'intuition si chère à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face : la petite voie, la voie d'enfance spirituelle. Au lieu de vouloir sans cesse produire des efforts pour devenir saints, nous sommes invités à nous laisser aimer et transformer par Dieu.

Jésus n'oppose pas les vertus à la Divine Volonté comme si les vertus étaient mauvaises. Il montre plutôt leurs limites lorsqu'elles sont vécues à partir de l'effort humain. Même les plus belles vertus peuvent être mêlées d'amour-propre, du désir d'être reconnu ou simplement de la satisfaction de bien agir.

Cet appel est aussi une invitation à redevenir petits. Non pas immatures, mais petits devant Dieu, comme un enfant qui sait qu'il ne peut pas avancer seul.

Je me souviens d'une retraite dans un Foyer de Charité, l'été dernier. J'en étais presque bouleversée en constatant qu'à soixante ans, malgré toute ma bonne volonté, je n'arrivais toujours pas à vivre les vertus comme je l'aurais souhaité. Je me reconnaissais pleinement dans cette parole de sainte Thérèse : j'ai le désir et le courage de l'aigle, mais je ne suis qu'un petit moineau.

C'est précisément là que le Livre du Ciel est venu m'apporter une immense consolation. J'y ai compris que mon désir sincère, mon intention droite et mon abandon à la Divine Volonté ne sont pas insuffisants : ils sont le point de départ de l'œuvre de Dieu. Je ne renonce pas aux vertus ; je les reçois désormais comme le fruit de sa Vie en moi. Ce n'est plus seulement mon effort qui agit, mais la puissance de Dieu qui transforme peu à peu mon être.

Tout ce qui constitue les piliers de la Divine Volonté : Les actes préalables, les actes actuels, les rondes et cette vie de fusion dans la Divine Volonté ne consistent pas à faire davantage, mais à laisser Jésus agir en nous et avec nous.

Voilà pourquoi cette spiritualité me paraît si profondément réconfortante. Elle ne supprime pas les vertus ; elle les accomplit en les faisant naître de la Vie divine elle-même. Elle ouvre un chemin de paix. Ce qui demeurait pour moi à l'état de désir peut enfin devenir réalité. Ce qui semblait impossible à ma volonté devient possible lorsque je consens à laisser la Divine Volonté accomplir son œuvre en moi.

 

Exemple concret dans ma vie :

 

Lorsque je couds un doudou pour les enfants hospitalisés. J’ai déjà ma récompense. C’est une bonne action. Cela fortifie une belle image de moi-même. C’est sans aucun doute une œuvre bénie de Dieu…mais c’est ma vertu grâce à ma générosité naturelle.

Ce n’est pas du tout la même chose lorsque c’est Dieu lui-même, en moi, qui fait et agit.

Dorénavant, Dieu tricote les doudous avec moi. Ce n’est plus seulement mon œuvre à moi béni par Lui, c’est Lui en moi et moi en Lui qui transformons cette activité en œuvre divine : A chaque maille, Jésus attache des âmes à Lui, Il les noue à son cœur. A chaque doudou terminé, il réconforte un enfant malade, il console la maman.

Comment ?

Parce que j’accomplis les principes mêmes de la Divine Volonté révélés par Jésus à Luisa Piccarreta dans le Livre du Ciel :

Par la Divine Volonté, par l’offrande de mon acte actuel, parce que je « fusionne » avec lui selon le principe de la spiritualité de la Divine Volonté, ce n’est plus seulement mon œuvre mais Son œuvre. Et ce qu’Il fait là, je serai bien incapable de le faire !!!

Moi je ferai juste un doudou toute seule ! Tandis que Lui, se servant de mes petites mains, de ma prière, il répare les âmes, il noue des nouveaux liens d’amour avec ellesparce qu’Il m’inspire une ronde, parce qu’Il agit avec et par mes mains et avec mon esprit au moment de la Création. Parce que c’est son œuvre dans la Divine Volonté.

Le mystère de la Communion des Saints est approfondi. Ce n’est plus seulement MON acte qui se répercute quelque part en bienfait pour quelqu’un d’autre, par ma foi. C’est l’acte de Dieu lui-même. C’est SON œuvre et elle est bien plus grande : il crée, il répare, il console, il absout, il transfigure…

Voilà le grand bouleversement de la vie catholique par l’avènement de la Divine Volonté. ! Cela n’ajoute rien à la révélation, cela lui donne juste une dimension encore plus grande, encore plus achevée.

Quelle chance nous avons de découvrir et de pouvoir vivre cette Divine Volonté !

 

 

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