« J'étais en train d'écrire lorsqu'il me fut impossible de continuer. Mon esprit était absorbé par un chant harmonieux, accompagné par une musique jamais encore entendue. Ce chant attirait l'attention générale et s'harmonisait avec la création tout entière et la céleste patrie. J'écoutais ce chant lorsque mon Jésus me dit :
Ma fille, écoute comme c'est beau ! Cette musique et ce chant, c'est un cantique nouveau formé par les anges pour rendre hommage, gloire et honneur à l'union de la divine volonté avec ta volonté humaine. La joie de tout le ciel et de toute la création est si grande qu'incapable de la contenir, ils jouent et ils chantent ».
Extrait du tome 19 du Livre du Ciel de Luisa Piccareta.
Quand le ciel se met à chanter
« Cette musique et ce chant, c'est un cantique nouveau formé par les anges... » En lisant ces lignes de Luisa Piccarreta, je n'ai pu m'empêcher de sourire en pensant à tous ceux qui se moquent des images pieuses représentant des anges qui jouent de la harpe, du violon ou de la trompette. Elles leur semblent naïves, enfantines, presque ridicules. Et pourtant, si le ciel est bien la demeure de la joie parfaite, pourquoi serait-il silencieux ?
Je crois au contraire que nous serons profondément étonnés lorsque nos yeux découvriront les immenses symphonies de la patrie céleste. Peut-être entendrons-nous des harmonies dont notre pauvre terre n'a jamais porté l'écho, des chants capables de faire vibrer toute la création dans une même louange. Alors, ceux qui riaient des enfants qui dessinent des anges musiciens comprendront peut-être que leur innocence avait entrevu quelque chose que les adultes avaient oublié.
Il m'arrive parfois d'écouter un chant grégorien ou une œuvre sacrée, comme le Miserere mei, Deus. Je ne sais comment l'expliquer autrement : j'ai l'impression que le ciel s'entrouvre. La musique ne remplace pas la prière, mais elle dispose mon cœur à entrer dans le silence où Dieu m'attend. Elle apaise le tumulte intérieur, élargit l'âme, la rend plus disponible à la présence divine.
Avant même de prononcer une seule parole, il me semble rejoindre de loin le chant des anges. Peut-être est-ce cela, finalement, la vocation de toute musique sacrée : nous faire pressentir la beauté du Royaume et nous apprendre dès ici-bas à respirer un peu de son atmosphère.
C'est sans doute pour cette raison qu'une belle liturgie me paraît si précieuse. Lorsqu'elle est célébrée avec profondeur, humilité et beauté, elle élève littéralement l'âme. Elle ne cherche pas à divertir mais à conduire vers Celui qui dépasse toute parole.
Dans un monde où l'on confond souvent le beau avec le spectaculaire, je suis heureuse de voir tant de personnes redécouvrir le chant grégorien, les offices, le silence, l'encens et la splendeur d'une liturgie qui ouvre à la transcendance. Malgré les moqueries, ils pressentent que l'homme a besoin de beauté autant que de vérité. Le beau prépare le cœur à accueillir le vrai, et le vrai conduit naturellement vers le bien.
J'éprouve la même émotion lorsque je pénètre dans une vieille église. Son architecture n'est pas seulement un décor : elle semble avoir été pensée pour porter la louange jusqu'aux voûtes, pour laisser chaque note se mêler à la pierre, aux vitraux et à la lumière. Combien il est douloureux de voir parfois ces lieux transformés en espaces sans rapport avec leur vocation première ! J'ai vu des églises devenir des salles de danse ou même des lieux d'activités sportives. Bien sûr, les murs demeurent, les vitraux subsistent, mais leur voix semble s'être tue. Ces sanctuaires avaient été bâtis pour faire résonner la gloire de Dieu.
Alors je me réjouis de voir les petits enfants continuer à dessiner des anges, à les peindre avec leurs trompettes, leurs harpes et leurs violons. Je me réjouis de ceux qui croient encore que le ciel chante. Restons de ces petits qui accueillent simplement ce que d'autres méprisent. Si le Royaume appartient aux cœurs d'enfant, alors je préfère conserver cette espérance-là :
Celle d'un ciel où toute la création devient enfin un immense cantique d'amour.
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