Fais donc bien attention : si tu m'éoutes fidèlement, je te guiderai, je te conduirai par la main sur les voies infinies du Fiat Divin; je te mettrai à l'abri sous mon manteau d'azur et tu seras mon honneur, ma gloire, ma vitoire et la tienne aussi.".
"...Ma vie tout entière a été vouée à la Volonté Divine...Dès le premier instant de ma conception....je fuis conçue sans le péché originel....Le FIAT tout puissant s'est répandu sur mon germe et je fus conçue toute pure et toute sainte...C'est à la Volonté Divine, à elle et à elle seule que reviennent mon honneur, mon gloire et mon action de grâce d'avoir été conçue sans la tache originelle...
Fille de mon coeur, écoute bien ta Maman : Mets de côté ta volonté humaine ; contente-toi de mourir plutôt que de lui concéder le moindre souffle de vie. Ta maman du ciel aurait préféré mille fois mourir plutôt que de s'accorder un seul acte de sa volonté propre...Ne veux-tu pas m'imiter ? Ah ! Si tu sacrifies ta volonté en l'honneur de ton Créateur, le Vouloir Divin fera le premier pas dans ton âme et tu te sentiras enveloppée d'une aura céleste, purifiée et réchauffée, de sorte que tu sentiras s'anéantir en toi les germes de tes passions tandis que tu seras disposée à faire tes premiers pas dans le Royaume de la Volonté Divine.
Extrait Jour 1 - Marie "Reine de la Divine Volonté"
Sous mon manteau d'Azur
- Mourir à sa volonté : une parole radicale, une réalité quotidienne
« Contente-toi de mourir plutôt que de lui concéder le moindre souffle de vie ». Cette phrase frappe, presque brutalement. Elle ne laisse aucune échappatoire. Crucifier sa volonté propre n’est pas un concept abstrait réservé aux grandes décisions de l’existence. C’est une lutte humble, répétitive, presque invisible, qui se joue à chaque instant.
Il est facile d’imaginer le renoncement dans les choix majeurs ; il est infiniment plus difficile de consentir à ces milliers de petites morts ordinaires : se taire quand une parole acerbe brûle les lèvres, patienter dans une file d’attente sans maugréer, supporter une humiliation d’un proche sans se justifier, accepter une absence qui fait mal quand l’être que l’on aime nous manque tellement, choisir la prière plutôt que la distraction, bénir son repas alors qu’on aurait envie de manger tout de suite, sans attendre….
- Une Maman exigeante : l’amour qui ne négocie pas
Dans ce texte, Marie apparaît comme une Maman profondément aimante, mais aussi exigeante. Cette exigence peut effrayer, car elle met à nu notre attachement à nous-mêmes. Nous sommes si attachés à nous-mêmes par toutes sortes de liens : nos affections, nos désirs, nos préférences, nos plaisirs…
Dire « oui » à Dieu plutôt qu’à soi n’est jamais confortable. L’égo en pâtit, il se cabre, il proteste. Consentir à un quotidien parfois très éloigné de nos rêves, accueillir des situations que nous n’avons pas choisies, tout cela est réellement crucifiant.
Pourtant, l’amour véritable ne peut naître que là : dans ce lieu où l’on accepte de ne plus se placer au centre. De ne plus s’appartenir. En ce moment, je vis pleinement ces difficultés suite à une épreuve intérieure. Cela ne se fait pas toujours sans larmes.
- Les premiers pas dans la Divine Volonté : l’humilité de l’enfance
« Tu feras tes premiers pas dans le Royaume de la Divine Volonté. » Cette image est belle. Elle nous rappelle que, même lorsque nous croyons être avancés dans la vie spirituelle, nous sommes encore des enfants qui apprennent à marcher. Il y a toujours à désapprendre, à recommencer. Nous sommes si petits. On se croit toujours plus grands que la vérité. On a une image souvent si faussée de nous-mêmes et de notre vie. On se berce d’illusions.
- L’aura céleste : une promesse qui ne passe pas toujours par le sensible
Marie promet un enveloppement, un réchauffement, une purification intérieure. Qui n’aimerait pas sentir cette aura céleste ? Nous pouvons la demander, humblement, comme un encouragement. Mais il faut accepter que le choix de la Volonté Divine ne s’accompagne pas toujours de consolations sensibles.
Le renoncement, même aride, même silencieux, travaille l’âme en profondeur. Les passions ne s’anéantissent pas en un jour ; elles s’épuisent peu à peu, lorsque nous persistons à dire ces petits « oui » discrets, minute après minute. C’est très exigeant, je le répète.
- Sous le manteau d’azur : se laisser aimer pour apprendre à aimer
« Je te mettrai à l’abri sous mon manteau d’azur. » Cette dernière promesse est une consolation immense. Elle me fait beaucoup de bien. J’y puise une espérance au cœur des difficultés qui sont les miennes…
Nous sommes si petits, si inconstants. Nous avons tant besoin d’être cachés, protégés, guidés. Demandons à Marie de nous envelopper, de nous porter quand la fatigue est trop lourde, de nous apprendre à mourir à nous-mêmes pour renaître à la Vie Divine. Surtout, ne pas désespérer de nous-mêmes. C’est parfois ma tentation.
L’amour se nourrit de sacrifices ; il devient vrai lorsqu’il se donne entièrement. Nous avons une conception si erronée de l’Amour. Il est Don, sortie de soi, oubli de soi, sacrifices (renoncements), il a si peu à voir avec les images que le monde nous en donne : plaisir, absence de souffrance, sentimental avant tout...
Penser à aimer plutôt qu’à être aimé, rendre sacrés ces renoncements ordinaires, voilà le chemin. Lent, exigeant, mais infiniment fécond. C’est ainsi que l’amour finit par nous envahir…
Et nous transformer.
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