Droits d'auteure protégés - Preuve de dépôt

 

La Vie tourne à mille à l’heure, j’ai beau écouter le psaume 91 « lui qui donne ordre à ses anges de te garder sur tous tes chemins… pour que ton pied jamais ne heurte les pierres ». Rien à faire. Les bourrasques ne cessent d’aller et venir. Ce n’est plus une destinée, c’est un tsunami sur une plage désolée qui emporte avec lui les branches, le sable, les arbres et les oiseaux.


Un cri s’époumone au-dedans que nul n’entend, si ce n’est Dieu lui-même, lui qui n’empêche pas les soulèvements des vagues, la houle furieuse, les pleurs des goélands criards. Les bateaux secoués par ce tumulte ne peuvent pas arrimer. Le naufrage est inéluctable et presque désiré. Que m’importe le sens du vent, les voyages des nuages affligés ou l’odeur iodée d’un sanglot venu de loin. Que m’importe en vérité.


Ce n’est plus la mer, c’est un désert éventé par l’absence brûlante, ce n’est plus un bateau, c’est un radeau échoué sur une île méconnue, ce n’est plus un cri, c’est le chant d’un violoncelle en larmes. Que m’importe. Oui, que m’importe l’heure qui vient, celle qui s’enfuit, celle qui viendra plus tard encore. L’intériorité vibre au son d’une horloge déréglée. L’amour a bâti sa maison dans l’antre d’un ailleurs tandis que les sourires surabondent dans les fleurs du printemps.


On dirait une erreur de programmation, comme toutes ces machines aux connexions sans mises à jour. Les séquoias géants continuent de grandir sous le ciel azuré tandis que des moineaux tout juste nés tombent de leur nid. Quelle étrangeté que le monde et la vie, quelle bizarrerie le chant des dauphins et les feuilles qui dansent à l’automne. Que m’importe. Des contraires ou des connivences, des adieux aux gestes de tendresse, du rejet aux bras ouverts, la course est boiteuse aux triomphes merveilleux ou surprenants.


Tant pis pour la course épuisée des hérons usés, le vol un peu trop bas des hirondelles affolées, le lac aux ricochets qui n’amusent plus les enfants, qu’importe, la vie continue, dans le sens contraire ou droit devant. Elle danse en direction d’en haut, l’absurdie ne dira pas son dernier mot, même si on se cogne aux rochers du rivage, un jour, la destination nous révèlera son nom.


J’entends les tendres soupirs des saisons amoureuses, le brame des cerfs dans les forêts facétieuses, les querelles venteuses des giboulées crâneuses. Qu’importe les contradictions ou les affinités joyeuses, la vie avance au milieu du bois mort et des coquelicots tenaces. L’existence aux mystères ineffables nous donne la main, elle nous emmène toujours plus loin que les apparences trompeuses, même au cœur du tragique involontaire ou pernicieux.


Mon amour, désespéré, au cœur attristé, rien jamais n’est sans vitalité, même la mélancolie que tu n’as pas choisie. Mon amour qui existe ou pas, qu’importe, oui qu’importe, tu vis quelque part, même sans nous connaître. Forcément, tu vis. La vie sans amour ne pourrait subsister. Même infime, incohérente, solitaire, même sans comprendre.


L’Amour nous consume dans les bras de la vie.

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.