Extrait de "A Hauteur de Vie"

EXTRAIT

 

1/ Les jours sans élan

Tu sais, on a beau avoir la foi, il y a des jours où, lorsqu’on se lève, rien ne dit, rien n’appelle. On n’a tout simplement pas l’élan intérieur pour une nouvelle journée.

Ce n’est pas forcément la dépression, la mélancolie ou je ne sais quelle pathologie psychique. C’est juste que le cœur n’y est plus.

La tristesse fait partie de la vie. Elle n’est pas toujours reliée à une maladie ou à un regard excessif sur soi. Parfois, elle nous cueille sans prévenir. On peut s’en rendre compte après coup, se dire que c’est peut-être parce qu’on pense trop au passé, à l’avenir, ou à quelque souci. Mais enfin, je n’ai vu nulle part un panneau indicateur sur lequel serait écrit : « Aujourd’hui, quoi qu’il arrive, tu dois garder ta joie, travailler avec entrain, désirer le meilleur. »

La joie est une vertu à exercer, c’est vrai. Elle demande parfois un sursaut héroïque au milieu d’une grande fatigue. Mais la joie n’est pas dépourvue de tout le reste : la peine, la douleur, les soucis. Tout cela peut très bien cohabiter en nous. Nous sommes à plusieurs étages.

Une chose est de se lever joyeuse sans bien savoir pourquoi ; dans ce cas-là, profitons-en. Une autre est de pratiquer la joie les jours où rien ne nous attire vraiment. L’héroïsme se cache souvent dans le plus banal.

Mon propos n’est pas tant la joie que ce manque d’élan qu’il nous arrive de subir dès le lever du jour. Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une épreuve, une de plus, mais elle nous sert. Elle nous oblige à nous en remettre à plus grand que soi. Et le Bon Dieu, qui connaît parfaitement la fragilité de notre nature, viendra à notre secours.

Combien de fois ne l’ai-je pas expérimenté ! Tu te lèves et tout te pèse : le travail, le ménage, le climat, la cuisine, et surtout la prière du jour. Il m’est arrivé, plus d’une fois, de remettre au lendemain la prière, le travail…

Quand c’est possible, bien sûr. Certaines abnégations sont indispensables : une mère de famille, par exemple, ne peut pas toujours se permettre cette mise en attente, parfois salutaire.

Je pense que le Bon Dieu sait tout cela, qu’Il a compassion de nos misères, de notre faiblesse. Dans ces jours sans élan, Il se fait lui-même notre élan. Si l’on fait un tout petit effort pour contrecarrer la langueur qui nous étreint, Il se précipite pour nous venir en aide. Ne l’as-tu jamais remarqué ? Un coup de fil inattendu, un sourire, un acte de générosité, un petit rayon de soleil… et l’élan revient, tout doucement.

S’il ne revient pas, il faudra faire avec. Agir sans élan. Ou bien ne plus agir du tout, quand c’est possible.

Ce qui me semble certain, c’est que Dieu nous aime jusque-là, sans jugement. Sans nous désigner comme de mauvais élèves de la vie spirituelle. Il est là. C’est tout ce qui compte. Les mérites de notre travail accompli sans élan, si l’on s’unit à Lui, n’en seront que plus grands. Et puis… à bien y réfléchir, peu importe les mérites.

N’en doute pas : même les jours sans élan montent vers Lui.

 

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