A la vitesse d'un sourire

 

Le Désir de l’Infini parcourt la terre en tout sens, entre les branches et les pierres, les fleurs et les oiseaux.

Il court sans fatigue jusque dans les contrées les plus éloignées, en totem ou en statue.  Dans son épopée, jamais il ne s’arrête, assoiffé jusqu’à l’inaltérable amour, sans frontières ni prisons.

Le désir de l’Infini se glisse dans les caresses inassouvies d’un regard et dans les mains insatiables d’une étreinte affamée.

Il s’en va comme un éternel pèlerin sans destination, se faufile un peu partout entre mendicité et don de soi.

Je l’ai vu voler dans les airs à la vitesse d’un sourire, dans les pupilles de la tendresse qui éclabousse tout l’espace.

Même avec un filet à papillons, il m’échappe et me retrouve, comme un gamin facétieux qui tourne autour de moi.

Le désir de l’Infini nous suspend dans les hauteurs, par les artères du cœur.

Comme une étincelle dans une nuit sans lumière, il embrase soudain tout autour de lui.

Il cavale plus vite que les bourrasques importunes, plus intrépide encore que le sang qui nous irrigue ; plus je le vois et plus il me devine, plus il me tend les bras et plus je fais semblant de ne pas le distinguer, caché derrière le voile de la banalité.

Il nous tord les entrailles jusqu’à la douleur, comme un  sculpteur obstiné qui taille la pierre ; j’ai mal à l’infini qui nous habite.

Il s’envole avec les rires de l’innocence, qui, trop tôt, nous quitte, alors je me hisse pour le ramener, mais c’est lui qui me prend pour m’emporter.

Le désir de l’Infini nous inonde au-delà de l’extase, dans les recoins ordinaires des journées éphémères jusqu’aux Aurores infatigables toujours à l’heure.

Je vous aime, mon infini désir, blotti dans mes élans de vie jusqu’au Soleil brillant, dans les étoiles des bons souvenirs, puis dans les larmes des regrets.

Le désir de l’Infini danse aussi dans l’invisible de nos amours absents, lui qui nous creuse l’être comme on cherche l’eau d’un puits sans fond.

Ô mon Désir, mon Infini, hormis la mort, qui pourra nous délivrer de ta frénésie rebelle et de tes obsessions languissantes ?

Dans les palpitations de l’âme, ta musique résonne en moi comme dans une église vide. Va ! Je le sais maintenant, rien ne nous séparera puisque tu es là dès le premier jour de ma vie.

Puisque tu seras là jusqu’au dernier aussi. 

 

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