Il est des nourritures qui ne sont pas pour le corps. Les rayons du Soleil ressemblent à de l’or qui s’écoule. Je ne sais pas pourquoi ce matin, mais je me dis que la clarté venue d’en haut est une lumière fondue. La lueur du jour, sa coloration sur les feuilles de l’automne, les allées des forêts, les rues mouillées d’octobre. Tout est liquide.
L’or qui provient des astres ou l’eau des nuages, tout est précieux quand il s’agit d’amour. La pluie, le lait de l’enfance, les larmes émues sur le bord des paupières, rien qui ne soit endurci.
J’aimerais devenir cette fluidité qui court dans les rivières ou bien les gouttes qui tombent du ciel, comme si elles se pressaient d’applaudir notre courage. Tout entière engloutie dans l’oraison silencieuse de la terre, je chérirais aussi, et pourquoi pas, la vie souterraine des nappes phréatiques, cachée aux yeux du monde, mais si intense.
Qu’il est bon de fondre dans le sourire d’une bienveillance offerte ou dans les pupilles de l’enfant. Je prendrai plaisir, blottie dans les sources vives d’une transcendance invisible, à pleuvoir sur les âmes blessées, rien que pour les guérir.
C’est décidé, sans attendre, ce Divin partout présent dans la nature environnante, je lui verse mon regard émerveillé, je le console de nos indifférences. Qui sait si cela ne brisera pas les digues des douleurs guerrières et des querelles inutiles ?
Je l’avoue, j’aime les pleurs des pierres après l’averse, la transparence des flaques qui s’amusent en miroir des cieux. Que sont suaves aussi les grandes eaux de la mer, en ses vagues mugissantes, elle nous répète sans se lasser son chant singulier. Qu’il doit être bon de s’immerger dans la douceur enveloppante de sa fraîcheur sans forme, sans cadre, sans règles ni normes. L’océan de la tendresse est un broyeur du solide.
Dieu seul peut-être, a la vertu du liquide. Celui qui lave, purifie, nourrit sans jamais perdre sa saveur ni sa générosité. L’éphémère est robuste tandis que l’Éternité s’approche des attributs de l’averse, de tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, vient à bout de nos résistances, de nos faussetés, de nos calculs.
Je me noie dans la discrète épopée de la vie, aussi fluide que l’étincelle sur le bord de nos yeux…
Lorsqu’on aime vraiment.
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