Petite animation de 15 secondes sur ma page "Quand Deogratias écrit" : (dès ce soir 10 octobre 18 heures)
Droits d'auteure protégés numériquement
Mon premier prix d’excellence : « Le bordel assuré quand je cuisine ». Si je prépare des lentilles, il y en a de tous les côtés : sur l’évier, sur le sol, dans les cheveux, sur les mains, sur le meuble. Partout.
Quels que soient le plat, le gâteau, les décorations, le vermicelle atterrit sur la table, la chantilly sur les vêtements, le caramel sur le parquet. Partout je vous dis. Une artiste culinaire.
J’excelle en vibrations corporelles ; quand j’aborde un sujet qui me tient à cœur, mes mains tremblent. Mon cœur s’emballe. Pour un échange profond, pour une larme d’autrui, pour un moment de grande authenticité, pour un enfant émerveillé qui contemple une fleur.
Parmi tous mes diplômes sans laurier, je dois encore noter : l’art de procrastiner quand il s’agit de téléphoner, de sortir un jour de pluie ou de faire le ménage. J’adore aussi manger du chocolat alors qu’il ne m’aime plus depuis longtemps. À m’en rendre malade. Je chéris le moment où je vais pouvoir me balancer sur mon fauteuil pour réguler une sensation, une parole, un partage qui m'a passionnée.
Je ne vous raconterai pas cette drôle de manie d’écouter en boucle une musique qui me plaît, de cueillir une feuille d’arbre pour un oui ou pour un non, cette étrange habitude de remuer les jambes dès que j'attends même cinq minutes. Vous confierais-je mes paniques dès que je dois voir un médecin, prendre le métro ou aller chez le dentiste ?
Je suis une experte pour boucher les éviers, salir mes pull-overs, rouspéter après les chiens qu’on ne tient pas en laisse. Oserais-je vous parler de ma main verte ? Voilà bien une serial-killeuse de toutes mes plantes ! Ou presque.
Je suis également une île, avec un besoin vital de solitude, alors qu’en même temps, le rejet me blesse à mort. Une vieille habitude.
Je suis une diplômée en mille ratages, en moult dégâts matériels. Je me lève aussi fatiguée que la veille, je me cogne souvent et peux compter les ecchymoses trois jours après. S’il m’arrive de tomber amoureuse, il s’agira de personnes si touchantes, mais totalement cabossées, qui n'ont plus la force d'aimer. Mon goût pour la vérité et la transcendance empêcheront tout attachement durable dans un monde qui n’y comprend plus rien.
Je raffole d’un tas de choses que les autres considèrent comme autant d’échecs, de manquements ou d’inaptitudes. J'aime donner vie aux objets pour m’amuser, choyer la poésie de l’ordinaire, inventer des grossièretés, sauter dans les flaques d’eau, oui, même à mon âge. Il m'arrive souvent de boire un peu trop de coca, de grelotter en plein mois d’août, d'oublier de manger et de rêver de devenir une mésange.
J’suis pas bien douée. Alors, à prendre ou à laisser ? A priori, plutôt à délaisser. Une vieille habitude. Encore.
Je resterai toujours un atoll perdu sur l’océan de la prose, en manque de paix. Le regard plongé dans les étoiles invisibles, je me mouche le nez dans les nuages, j'arrose de mes larmes mes prières tendues vers le ciel. Enfin, je m'essuie le visage avec l’ondée des matins tout neufs, puis je rajoute du bois dans la cheminée de ma solitude, aussi redoutée qu’inéluctable.
Bref, le Soleil, bombé d'arrogance, traverse à l’instant ma fenêtre, alors qu’il me sourit de ses rayons, je le regarde bien en face. Je crois qu’il m’autorise à vous l’annoncer :
Il aime bien mes trophées sans performance, mes devoirs bâclés et mes ratures de vie. Et pourquoi donc les aimerait-il ?
J’en sais rien. Je le devine, c’est tout.
Ajouter un commentaire
Commentaires