Ce texte parle d'une expérience passée, pas du tout présente. Il ne vise qu'à illustrer une particularité de l'autisme
Petit con
Dans le chapitre : la relation aux autres/Naïveté sociale
J’ai mis du temps à comprendre. Maintenant c’est fait. Petit con.
Tu tordais les mots pour me capturer, tu disais oui, tu pensais non. Et moi, pauvre sotte, je n’ai rien vu, rien entendu, rien deviné.
Tu parlais avec la langue du serpent. Et moi, l’imbécile, je n’ai rien compris, rien soupçonné.
Tu utilisais les verbes comme un filet à papillons, comme un piège à souris, je n’aurais pu imaginer que les paroles pouvaient n’être que des stratégies. Naïve, j’espérais bien que non.
« Tu causes mieux qu’un cheval », dit une citation populaire, oui, sans doute, mais les chevaux, eux, ne trichent pas. Ils ne parlent pas d’ailleurs. J’aurais préféré ne jamais entendre ta voix mielleuse, un vrai pot de confiture qui attire les abeilles esseulées. J’étais cette ouvrière un peu égarée par l’éloquence d’une bouche au nectar trompeur.
J’ai mis du temps à réaliser la triste vérité. Maintenant c’est fait. Petit con.
Les paroles qu’on prononce peuvent tuer ou guérir, mentir ou révéler. Je pense à présent que tu jouais avec toutes les options du langage. « Ce n’est pas ce qui entre dans l’homme qui le souille, mais bien ce qui sort de lui », disait le Christ. J’aurais dû y penser. Malheureuse que je suis.
À présent, je prie pour toi et tous les petits cons qui te ressemblent.
« Seigneur, convertis les cons. Les petits et les grands, toi seul le peux. Préserve-moi dorénavant de retomber dans la trappe de leur bouche aux lèvres de miel, avaleuse de butineuses. »
Je suis rassurée, Dieu m’a exaucée. Il ne les a pas tous convertis, mais il m’a appris à les reconnaître.
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