Marie, plus Mère que Reine
Longtemps, l’idée d’une Reine a effrayé mon âme.
L’autorité me faisait peur. Une Reine, dans mon imagination, régnait de haut, vêtue d’un éclat trop pur, trop lointain. Je ne savais pas encore qu’il existe des couronnes d’amour et non de pouvoir.
Une mère, elle, ne règne pas. Elle berce, elle écoute, elle caresse, elle serre contre elle. Elle comprend avant même qu’on parle. Elle peut être exigeante, mais jamais froide. Elle n’impose rien, elle accompagne. Si Marie est Reine, c’est moi qui la couronne. Parce qu’elle est d’abord Mère, la plus tendre, la plus proche, bien plus que toutes les mères de la terre.
Je crois que chaque geste d’une vraie maman, une main posée sur un front, un mot chuchoté, une larme essuyée, est une effusion de l’Esprit Saint. Dans la tendresse pure, il y a toujours quelque chose du ciel. La tendresse ouvre le cœur, permet de dire ce qui fait mal, de déposer ce qu’on ne peut plus porter seul. Pleurer dans les bras d’une mère, c’est prier sans mots. C’est laisser la grâce couler là où tout était fermé.
Elle comprend la fatigue, les colères rentrées, les blessures qu’on tait. Elle ne demande pas d’être forts, elle demande seulement qu’on s’abandonne. Elle ouvre grand son manteau pour que nous puissions nous blottir dedans.
Marie console sans bruit, elle apaise sans gestes. Elle guérit les manques d’amour, les blessures du passé, les carences qui pèsent encore dans l’adulte que nous sommes devenus. Son regard ne juge pas nos faiblesses, il les recouvre d’une douceur qui rend la confiance possible. Sous sa main, le passé cesse de saigner.
J’ai souvent remarqué que les personnes les plus blessées par une carence maternelle, un défaut de présence maternelle, trouvait auprès de la Vierge Marie un pansement, une cicatrisation de leurs plaies les plus anciennes, les plus vivaces.
L’intimité avec Marie est une guérison intérieure. Elle nous réapprend à aimer, à nous laisser aimer. Elle ouvre en nous un espace de paix, où l’on peut redevenir un enfant, sans honte.
C’est là que je comprends qu’elle est Reine, oui, mais Reine d’un royaume sans sceptre ni trône : celui de mon cœur.
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