Apprendre à dire : Fiat !

 

Quand nos anniversaires ne ressemblent pas à nos plans :

apprendre à dire Fiat

 

Il arrive que l’on attende un anniversaire comme un petit sommet intime : une halte choisie, un rendez-vous avec soi-même et avec Dieu. Cette année, j’avais fait mes plans avec une douce détermination :
– me confesser,
– reprendre un temps de prière plus silencieux,
– rester seule chez moi,
– lire,
– écrire,
– coudre,
– me laisser façonner par la paix.

J’imaginais une journée recueillie, claire comme une page blanche.

Et puis… tout s’est écroulé. Ou plutôt : tout a été déplacé.

 

Quand Dieu pose Sa main là où je n’avais rien prévu

 

La maladie est venue sans prévenir.
Mal à la tête, mal au corps, clouée au lit.
Le silence espéré s’est transformé en bruit omniprésent, impossible de prier vraiment, et même impossible d’aller me confesser. Plus question de lire ou de coudre : le corps disait non.

Mes jolis projets si bien agencés ?
Par terre.
Dispersés comme des feuilles sous le vent.

J’aurais pu me révolter, m’agacer, me laisser envahir par cette impression douloureuse que tout m’échappe. Et pourtant, une petite lumière a surgi dans ce désordre : et si c’était précisément là que Dieu m’attendait ?

 

Les cadeaux que je n’avais pas demandés

 

À la place de mes résolutions pénitentes, j’ai reçu :
– une obligation de repos que je n’aurais jamais osé m’accorder,
– un temps d’impuissance où je ne pouvais plus faire, seulement être,
– une mauvaise nouvelle qui m’a ramenée à ma fragilité,
– et, comme une caresse inattendue, la présence de mon petit chien chez ma mère, que je peux désormais revoir quelques heures à chaque visite.

Ce chien que j’avais dû quitter il y a un mois… et que le Seigneur me rend, même partiellement, comme un petit baume posé sur une journée bousculée.

Il y avait dans tout cela une cohérence cachée, presque un sourire divin. Une pédagogie douce, surprenante, parfois déroutante.

 

Apprendre à dire : Fiat

 

Alors j’ai compris.
Que tout ce que je n’avais pas prévu… était précisément ce que la Providence voulait me donner.

Mes plans renversés : Fiat !
Mon repos forcé : Fiat !
Mon incapacité à prier : Fiat !
Les imprévus, les contrariétés, les grâces discrètes : Fiat !

Il y a des jours où l’on sert vraiment Dieu en se laissant porter, en acceptant de ne pas maîtriser, en laissant tomber les rênes que l’on serrait trop fort.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus nous montre ce chemin si simple et si fort :

 

« C’est la main de Jésus qui conduit tout. »

 

Alors, pourquoi vouloir reprendre le gouvernail ? Pourquoi lutter contre Celui qui sait mieux que nous ce dont notre âme a besoin ?

 

Cet anniversaire ne ressemblait pas à ce que j’avais imaginé.
Mais il ressemblait sans doute à ce que Dieu voulait faire de moi ce jour-là :
une petite âme déposée entre Ses mains, dépouillée de ses propres projets, ouverte à Sa volonté, même incomprise.

Et, en refermant cette journée, je peux murmurer avec Thérèse :


Quae est Gratia : Tout est grâce.

 

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