La foi vraie ne s’enseigne pas, elle se diffuse comme une lumière vivante. Au fil de mes rencontres et de mes propres tâtonnements spirituels, j’ai compris que les arguments, les réponses aux questions, les discours, les homélies, les conseils, les encouragements et même un certain “coaching” ne servaient à rien dans mon désir que l’autre découvre et vive de foi. Pas même les invitations à venir dans un groupe de partage ou autre… Ce qui seul attire vraiment : c’est la lumière d’un cœur habité par Dieu.
Je repense à cette sagesse que saint François d’Assise résume si simplement : « Prêche l’Évangile en tout temps. Si nécessaire, utilise des mots. » Cette phrase, qu’on attribue souvent à saint François, illustre parfaitement ce que j’ai observé. Ce n’est pas tant les mots qui touchent, mais la façon d’être au monde, avec les autres, dans la vie. Une présence chaleureuse, une paix humble, une joie discrète : voilà ce qui suscite la curiosité, donne envie d’approcher, de comprendre, d’aimer. Combien de fois ai-je entendu quelqu’un dire après une rencontre : “Je ne sais pas ce qu’elle m’a dit exactement, mais j’ai senti la paix en elle, une telle force intérieure.” Voilà la force du rayonnement intérieur.
Sainte Thérèse de Lisieux est un modèle de rayonnement discret. Il ne s’agit pas d’ériger une tribune ou d’imposer une vision, mais d’être profondément en paix, de se positionner devant l’autre non pas comme quelqu’un qui « sait » et de placer l’autre en celui qui ne « sait pas », bien au contraire, il ne faut pas même hésiter à s’abaisser, à parler de ses propres fragilités, faiblesses, voire même ses propres contradictions et infidélités. De façon à ce que l’autre puisse se sentir rejoint. La paix de l’âme attire, sans effort, sans confrontation. Elle est comme une lampe allumée dans la nuit qui écoute et qui rayonne.
Ainsi, si j’avais un conseil sincère à offrir, ce serait de cultiver d’abord ton propre feu intérieur. De chercher la lumière dans le silence et la prière, de laisser ton cœur être touché avant de vouloir toucher. Donne envie, suscite l’intérêt, éclaire discrètement, avec une infinie douceur. Tout le reste, parfois même mal formulé, peut provoquer une aversion, et je ne parle même pas des discours moralisateurs qui deviennent, ironiquement, de véritables contre-témoignages.
La foi n’est pas un argument à gagner, c’est une présence à partager. Par rayonnement, par amour.
* (Titre : Citation de Marthe Robin)
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