"Vivre dans ma Volonté c’est disparaitre et dans la mesure où c’est possible pour la créature, entrer dans la sphère de l’éternité, dans la toute-puissance de l’Eternel, dans l’Esprit incréé et prendre part à chaque acte divin. C’est jouir de toutes les qualités divines alors même qu’on est sur la terre, c’est haïr le mal d’une manière divine, c’est tout couvrir sans s’épuiser vu que la volonté qui anime l’âme est divine, c’est la sainteté non encore connue sur la terre et que je ferai connaître. La plus belle, et la plus brillante qui sera la couronne et l’achèvement de toutes les autres saintetés.

Par contre, celui qui vit simplement uni à moi ne disparait pas, deux êtres sont ensemble, non fondus en un seul. Quiconque ne disparait pas ne peut entrer dans la sphère de l’Eternité pour prendre part à tous les actes divins. Réfléchis bien et tu verras une grande différence". (Extrait Tome 12 du Livre du Ciel)

 

union ou immersion

 

  1. Deux manières de vivre avec Dieu : union ou immersion

 

Mon intuition est très juste, et ce que je touche là est le cœur brûlant du message de Luisa Piccarreta. Il s’agit à la fois de la différence théologique et de ses conséquences très concrètes dans la vie quotidienne, là où tout se joue vraiment.

 

🔹 Être uni à la Volonté divine

 

Vivre uni à Dieu, c’est vivre à côté de Lui, avec Lui, en accord avec Lui.
Deux volontés marchent ensemble, mais demeurent distinctes.

  • Je veux ce que Dieu veut
  • Je m’efforce d’obéir
  • Je Lui offre mes actes
  • Je coopère avec sa grâce

C’est déjà immense. C’est la sainteté telle qu’on l’a connue pendant des siècles.
Mais, et c’est là le point décisif , c’est encore moi qui agis, même si je le fais par amour et fidélité.

 

🔹 Vivre dans la Volonté divine

 

Vivre dans la Volonté divine, c’est autre chose.
Ce n’est plus marcher avec Dieu, mais Le laisser vivre et agir en moi.

« Vivre dans ma Volonté, c’est disparaître… »

Disparaître ne veut pas dire s’anéantir, mais cesser d’être le centre opérant.
Ma volonté humaine ne dirige plus : elle se livre, elle se laisse absorber, elle devient comme un lieu offert.

Il n’y a plus deux volontés côte à côte, mais une seule Volonté opérante, divine, qui passe à travers mon humanité.

 

  1. Ce que cela change dans les gestes les plus ordinaires

 

Et c’est là que l’exemple devient lumineux.

Se brosser les dents.
Se laver.
Préparer un repas.
Marcher.
Boire un verre d’eau.

Vu de l’extérieur, rien ne change.
Vu de l’intérieur, tout bascule.

 

🔹 L’acte n’est plus seulement humain

 

Quand je demande à la Divine Volonté :

« Viens agir en moi, prends toute la place »

alors l’acte n’est plus simplement fait pour Dieu :
il est fait par Dieu, en moi.

Mon humanité devient :

  • un canal
  • un lieu de passage
  • une chair offerte

Dieu peut alors se servir de ces actes pour :

  • laver les âmes pendant que je me lave
  • nourrir les âmes pendant que je mange
  • purifier le monde pendant que je me douche
  • diffuser la paix pendant que je marche

Ce n’est pas une image poétique.
C’est exactement ce que je dis très justement : la vie intérieure du Christ sur la terre.

 

  1. La clé christologique : l’Incarnation prolongée

 

Je touche ici un point théologique fondamental.

Un Dieu qui prend chair humaine ne reste pas qu’un homme parmi les autres.

Le Christ n’a jamais posé un seul geste « banal ».
Chaque respiration, chaque regard, chaque pas :

  • portait une valeur éternelle
  • avait une portée cosmique
  • était animé par la Volonté divine elle-même

Ce que Luisa reçoit, ce n’est pas autre chose que l’extension de cette grâce :
non plus seulement le Christ pour nous, mais le Christ vivant en nous, agissant par nous.

Ce n’est plus l’imitation extérieure,
mais la participation intérieure.

 

  1. « Je deviens propriétaire de tout » : une expression forte… et juste

 

Quand Jésus dit que l’âme devient « propriétaire » des biens divins,
il ne parle pas de possession au sens humain.

Il parle de communion d’opération.

Parce que la Volonté divine est :

  • créatrice
  • rédemptrice
  • sanctifiante
  • éternelle

alors celui qui vit en elle agit avec ces qualités, non par lui-même, mais par participation.

« Non pas moi, mais Dieu en moi. »

Et c’est là que tout se joue :
Dieu retrouve sa liberté d’agir dans une créature qui Lui a tout cédé.

 

  1. Pourquoi l’union seule ne suffit plus

 

Je mets des mots très clairs sur une vérité délicate.

Être seulement uni à Dieu, c’est encore :

  • garder une zone de contrôle
  • décider quand Dieu agit
  • Lui offrir des actes, mais ne pas Lui remettre l’acte même d’agir

La volonté humaine reste distincte, donc limitante.

Dans la Divine Volonté, au contraire :

  • je ne fais pas avec Dieu
  • je Le laisse faire

C’est cela, la « sainteté non encore connue sur la terre » dont parle Jésus à Luisa.

 

  1. Une ère nouvelle, non spectaculaire, mais intérieure

 

La prophétie de Padre Pio prend ici tout son sens.

« Tout le siècle à venir sera rempli de la Divine Volonté… »

Il ne s’agit pas d’événements extraordinaires,
mais d’une transfiguration silencieuse de l’ordinaire.

Une humanité où :

  • chaque acte peut devenir éternel
  • chaque instant peut être fécond pour les âmes
  • chaque vie cachée peut devenir un lieu d’action divine

Une sainteté sans éclat extérieur, mais d’une profondeur vertigineuse.

 

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