J’ai menti !
Moi qui ne mens jamais, j’ai menti.
Je croyais ne pas aimer mais j’aime quand même.
La vie a de nouveau offert la neige de l’hiver et le froid de Janvier. Elle a continué, facétieuse, à rire de l’automne, à féconder la terre. Sans permission, elle imite le vent qui ramasse et succombe, qui voyage et revient.
J’ai menti. Je ne le savais pas.
Comment aurais-je pu deviner que les jours donneraient encore les sourires, les regards et les écharpes bleues marine.
J’ai menti c’est là tout mon drame.
Les heures donnent toujours leur clarté rieuse, la transparence de la rosée et les exaltations de l’air.
Je ne mens pas cependant quand je vous dis que je n’y croyais plus.
Les saisons se succèdent sans répit, les paroles s’envolent sans retard, les enfants courent vers demain.
Rien ne paraissait pourtant. Rien ne trahissait. Les apparences sont trompeuses. Tout avait le goût du toujours et du définitif, de l’épilogue et de la fin.
J’ai menti. Ce n’était pas qu’hier.
Tout est là, infiniment présent entre les portes à ouvrir et les volets fermés, entre le lierre et les fleurs du jardin. C’est juste une question de temps. Le temps qui ment autant qu’il nous berce, qui nous prend avant qu’il ne nous quitte.
J’ai menti mais ne m’en voulez pas. Comment en Suis-je arrivée là ? Nul ne le sait. Même pas moi. Surtout pas.
Les traces de pas sont encore là sur le sentier tout droit, la nuit brille de ses étoiles inconnues, les refrains recommencent dès que la joie s’en vient.
J’étais sûre de moi. C’est bien là mon erreur.
Je ne mentirai plus.
Qu’importe les aiguilles sur le cadran de mes horloges, le son du coucou à chaque heure qui défile, l’incessant vertige des ailes du moulin, c’est promis, je ne dirai plus rien.
Les certitudes sont incertaines en ce moment, les tambours intérieurs frémissent à coup redoublés, les hochets des petits s’agitent en mon dedans.
Qu’importe les roses et la saveur des mots, les leçons et les fontaines en larmes. Qu’importe les vocalises perdues ou le mystère des chênes centenaires.
Plus rien n’est sûr, rien, pas même ce qui dort sous ma peau.
Je ne mentirai plus. Promis.
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