L’incertitude

 

Je marche dans le brouillard, je ne sais pas où je vais.
Je n’ai aucune certitude de l’endroit où je suis.

 

Dans le silence des réponses et la nuit sans phare, j’avance sans vision claire de ce qui va devant.

 

Un pas après l’autre, dit-on, un jour à la fois, demain arrivera bien assez tôt.

 

J’aimerais tant cette insouciance du présent, de l’avenir, du temps qui passe et des joies éphémères.


Ne pense pas à ça, tu verras bien.

 

Dans ma déroute insécure, le chemin étroit me guide vers un ailleurs dont j’ignore tout.
Est-ce que l’amour m’attend au bout, là-bas, au prochain virage, au mètre d’après ou bien dans trois secondes ?

Mon errance se risque à quelques réflexions tourmentées.
Comment deviner si l’autre m’aime ou me tolère, s’il est juste patient ou bien sincère ?


Je ne sais pas.
Je n’ai jamais su.
Je n’ai toujours pas de boussole.

 

Je prends pour de l’amour ce qui n’est qu’ambiguïté ou calculs.
Entre les probabilités, les aléas de la vie ou le hasard, je confonds tout, je m’emmêle, piégée par les méandres confus de l'existence humaine.

 

Dans les brumes de mon cœur en manque d’amour, les vagues indéfinies me submergent et m’emportent.
Noyée dans l’inconnu et le doute, me voilà sur un radeau, naufragée à la surface de l’eau.

 

L’inconstance des sentiments, la fragilité de nos amours inachevés, tout me prend ce soir, tout me serre au-dedans.
Je n’aperçois ni la fin, ni même le début,
un peu comme une oscillation involontaire, quelque part, entre ciel et terre.

 

Les tremblements de la peur, les hésitations de la confiance :
où est l’aurore neuve des certitudes intérieures ?

Agitée comme épouvantail dans un champ, désertée par les oiseaux, secouée de toutes parts,
je ne sais plus si je l’aime ou si j’en suis aimée,
comme un chapeau s’envole par la force du vent.

 

L’assurance s’effrite sous mes pieds.
J’ai beau regarder bien droit, rien ne fait sens.
L’évidence est fugueuse qui ne trouve jamais ma porte.

 

Les oiseaux volent sans destination, les arbres s’effeuillent sans cesser de vivre, les forêts demeurent sous l’assaut des tempêtes.
Il n’y a bien que moi à sentir le vertige des manques, suspendue quelque part, entre le monde et lui.

Je cherche une forme dans l’ombre, mais rien ne vient, pas même la plus petite conviction.
Aucune.

 

Je fixe une lumière vacillante au travers d’une vitre embuée.
Comment vit-on quand rien n’est sûr ?
Je retiens mon souffle.
La réponse ne vient pas.

 

J’ai si froid vers cet horizon voilé qui n’avance ni ne recule.
Le vent efface mes traces.
Je reste là, sur le seuil, sans lui, sans nous, sans rien.

 

Rien d’autre que l’incertitude.

 

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