Les cœurs droits
Un oiseau sur la branche chante les cantiques de l’Éternel, sans public ni même un regard.
Les arbres décoiffés de l’hiver exhalent leurs frissons, nus et froids, sans regrets ni pleurs.
Les herbes hautes s’amusent sous le souffle du vent, joyeuses, sans juges ni remords.
Le lierre sur le mur grimpe sur les pierres, à l’ombre des jardins, sans freins ni retard.
La nature va son chemin sans personne, quelle que soit la saison, sans nous ou nos refus.
Les cœurs droits chantent leur mélodie propre, comme le Ciel au-dessus de nous,
loin de nos oripeaux ou de nos bravos. Ils chantent et puis c’est tout.
Les cœurs droits, entrelacés dans les parfums de la vie, s’élancent vers demain,
le regard fier, loin de nos trahisons ou de nos mensonges. C’est bien assez.
Les cœurs droits dansent sous l’effet de leur paix,
ils inventent les chorégraphies de l’enfance sans déclin. Cela suffit.
Ils sont droits comme la vigne ou les sentiers devant, sans regard en arrière,
ils suivent les pas de qui les aiment, sans triches. Que c’est beau.
J’ai vu les moineaux qui tournaient dans l’air devant ma fenêtre,
dans leur ivresse naturelle, sans nos vertiges ou nos clameurs. Il ne leur faut pas plus.
J’admire quelquefois les fleurs éclaboussées par l’hiver qui persistent par-delà le gel,
sans notre audience ou nos approbations. C’est suffisant.
Les yeux des animaux, fenêtres ouvertes vers nous sans peur ni projections,
que leur importent nos vivats ou bien nos ovations. Ils sont comblés.
Les cœurs droits sur les trampolines de l’existence demeurent ce qu’ils sont,
nourris à l’intérieur, sans nos modes ou nos réclamations. Ils se tiennent.
Entre la droiture des cœurs insultés et les floraisons des âmes sans gloire que rien n’empêche de croire,
je reste là, émerveillée.
Que me font les savoirs de ceux qui dressent leur égo, je préfère la beauté d’une âme…
Droite comme lierre, fleurs et moineaux.
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