Un toutes les Trois
Un toutes les Trois. J’ai cru que j’avais mal entendu. Mais non. Bien au contraire, les chiffres sont contrôlés. Vérifiés. Confirmés. Un toutes les Trois. J’avais bien compris. Les statistiques sont froides, pour ne pas dire glaciales. Mais elles ont le mérite d’exister. Tout d’un coup, elles ouvrent les rideaux sur une réalité qu’on ne veut pas voir.
Un toutes les Trois. Et la Vie pleure encore.
Comment décrire le sentiment qui nous étreint ? La nausée soudain envahit tout notre espace intérieur.
Quand on lit les résultats des autopsies de ceux qui en sont morts, on voit ce qu’ils ont enduré. Ce qu’on leur a fait. Les autres, ceux qui survivent, certains reproduiront les mêmes horreurs, d’autres finiront par se suicider, d’autres encore ne feront plus jamais confiance. À quiconque.
Un toutes les Trois. Et le Temps pleure encore.
Tous ces cœurs à jamais brisés, ces consciences meurtries, ces corps mutilés. Ces âmes innocentes qui meurent de toute façon de l’intérieur. De ma pauvre prière, je les enveloppe de la douceur des Anges, je les place sur le cœur d’une Mère de Douleurs. Que puis-je faire d’autre ? Je n’ai que mon âme d’Orante, mon Espérance qui connaît la solitude des enfants blessés.
Un toutes les Trois. Et le Soleil pleure encore.
La vérité, ô triste vérité, c’est que bien peu d’enfances sont heureuses. « Il n’est rien en l’homme, rien qui ne soit perverti », dit le psaume. J’aimerais que ma plume vogue vers ces êtres abîmés pour les couvrir de la beauté des cieux, essuyer les larmes de leurs yeux, puis les déposer dans la douceur d’une Tendresse Invincible.
Un toutes les Trois. Et le Ciel pleure encore.
Ceux qui tuent l’innocence marchent déjà dans leur propre nuit. Les Sans-regrets, les Sans-Amour, les Sans-humanité. Un enfant est violé toutes les trois minutes en France.
Un toutes les Trois.
Et Dieu pleure encore.
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