Des grottes, des voiles et des sommets

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Des grottes, Des voiles et Des sommets

 

 

J’ai besoin d’un voile où me cacher, l’oubli de tout s’impose, je sais que là, je vais respirer de nouveau, hors de tout souci du monde.

Je cherche une grotte en amnésie du dehors, un espace sans traces de nos vains mots, de nos actes futiles.

Un puits de nuit étoilée où guérir de l’asphyxie mondaine, des horribilis en hypocrisie ou en trahison.

J’ai rêvé des astres qui tournaient autour de la terre, ils dansaient leur farandole sans ressentir la fatigue de nos turpitudes. Je les envie tellement, moi qui me lasse de tant de mensonges ou de faux-semblants.

Aurions-nous le désir insatiable d’embrasser la mer calme, sans vagues ni ressac, d’une existence réfugiée dans le giron du ciel ?

Il me semble que oui. Enfin, je ne sais pas, je ne sais plus. Il paraît que je suis si différente. De quoi, au juste ?

Ne partageons-nous pas ce même vœu d’une sérénité universelle ? Je crois que oui.

Le tumulte sans cesse nous happe hors de nous, loin de notre centre irradié par la Beauté venue d’ailleurs.

J’ai à cœur de trouver une forêt oubliée de tous, si éloignée des gesticulations de l’esprit qui se gaussent en être supérieur, de tous ces débats qui ne servent qu’à nous agiter davantage.

Il est des diamants qu’on ne trouve que dans les îles reculées, sur l’océan d’une solitude retrouvée, dans les silences des fleurs, les bavardages des oiseaux rieurs et la ponctuation d’une soirée toute neuve.

J’ai besoin d’un sommet sur lequel me poser, je regarderai en bas, tout est plus pur dès que la hauteur nous escalade à l’intérieur, dès que les neiges vierges immolent de leur blancheur nos âmes en manque de vérité.

J’ai trouvé un secret pelotonné dans le manteau de l’Azur, celui qu’on admire pour peu qu’on prenne un peu son temps. Il vient parfois me chuchoter les paroles que je n’attendais plus : « Tu comptes, tu existes et c’est très important ».

Oui, bien sûr. Si ce n’était pas le cas, je ne pourrais pas écrire à l’instant ce qui nous habite presque tout le temps.

L’Amour est notre devise, notre tourment, notre quête et notre assouvissement. "Quelle porte ouverte !" diront les hautains. Mais quelle porte ! Si belle à ouvrir, à en franchir le seuil, à se perdre de vue.

Il est bientôt vingt heures, je ferme les yeux ; je rejoins la cachette d’une fin de journée qui a filé comme un ruisseau entre pierres et hautes herbes.

Les planètes continuent leur course,  toutes les grottes, les voiles et les sommets nous appartiennent...

Puisque Dieu est présent.

 

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